"Carrière est quelque chose de plus qu'un peintre, il est un admirable et visionnaire poète et il a mis dans ses toiles plus que de la peinture. Il y a mis de la plus noble bonté et la plus haute philosophie".
Très jeune, Eugène Carrière manifeste un idéal de justice et de liberté ("Les Droits de l'Homme", lithographie faite à la chute de la Commune, Musée de Strasbourg). Ayant connu des débuts difficiles, il reste un homme simple, ouvert et attentif au monde qui l'entoure. L'Affaire Dreyfus concrétise cet engagement, aux côtés de Zola et de Clemenceau, qui lui confie l'affiche de lancement du journal L'Aurore. Il adhère alors à la Ligue des Droits de L'Homme. Il affirme un refus de toute violence et en pacifiste convaincu, préside avec Anatole France, une manifestation en faveur des victimes de la guerre russo-japonaise. Au nom de la liberté d'expression, il pétitionne contre l'arrestation de Maxime Gorki par la Russie tsariste.
Comme ses tableaux, ses écrits révèlent de la même sensibilité à imaginer un monde plus tolérant et solidaire. Carrière collabore à plusieurs sociétés d'éducation populaire à l'exemple de L'Ecole de la Rue ou du Musée du Soir avec son ami Gustave Geffroy. Il participe activement au mouvement des idées de son temps. Régulièrement, la presse recueille, dans des articles parfois percutants, ses opinions sur des thèmes qui outrepassent largement le domaine artistique comme la peine de mort, la séparation de l'église et de l'état ou la condition féminine.
© Société des Amis d'Eugène Carrière