Artiste du 19 ème siècle entre tradition et modernité

Philosophie

Sur l’art de Rodin

L’art de Rodin sort de la terre et y retourne, semblable aux blocs géants qui affirment les solitudes et dans l’héroïque grandissement desquels l’homme s’est reconnu……Ce sont ces formes terrestres qui furent les initiatrices véritables de Rodin. Ce sont elles qui l’ont libéré des traditions d’école, c’est en elles qu’il a retrouvé son être et l’instinct créateur des hommes dont l’humanité se réclame.

Préface au catalogue de l’exposition des œuvres d’Auguste Rodin en 1900

 

 

Sur le Musée du Soir

Un musée ouvert le soir serait par-dessus tout une chose pratique, les ouvriers d’arts usuels y trouveraient les documents dont ils manquent ou qui ne sont pas à leur portée. Ils apprendraient aussi l’histoire de nos jours et s’inspirant des progrès réalisés par leurs devanciers, ils s’efforceraient de faire mieux, de faire du nouveau. Continuer la lecture

La communion des hommes

C’est pour les hommes de pensée surtout que l’homme ne vit pas seulement que de pain : être ignoré c’est être en dehors de la communion des hommes, jugé indigne de la communion des autres. Continuer la lecture

Sur la démocratie

Une démocratie est un état dans lequel toutes les catégories d’hommes collaborent au bien-être général, c’est-à-dire au contentement et au développement des besoins naturels à l’homme.

L’art d’une démocratie

C’est l’honneur de notre temps. On a créé des règles d’art là où il n’y avait que des lois de nature. Les sentiments naturels des hommes ont subi les mêmes déformations : le sentiment de la conservation personnelle est devenu l’égoïsme féroce, celui de la conservation de l’espèce l’hérédité de la domination d’une famille ou d’un groupe d’hommes unis pour les mêmes intérêts. Continuer la lecture

Sur l’architecture

Est-il possible d’avoir une architecture, un art quelconque exprimant son époque, lorsque les pratiquants des professions libérales commencent par se séparer de la foule et de la vie de leur temps pour se relier au passé par groupes d’initiés, à la décadence des écoles mortes. Continuer la lecture

Sur l’âme humaine

L’âme humaine est faite de nuances trop multiples pour qu’un seul homme puisse l’exprimer dans son unité universelle. C’est à ce sentiment que répond l’ardente curiosité de notre temps et ce respect de tout ce qui enrichit sa connaissance et sa conscience, les artistes moins que personne ne peuvent se dérober au désir de la collaboration universelle des maîtres.

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De l’évolution de l’art

L’objet de l’art disparaît ainsi sous la convention du sujet. Les générations nouvelles se dressent, ignorant en dehors des habitudes d’esprit du passé, elles se désintéressent de ce soi-disant art qui lui est étranger, cherche de nouveaux sujets pour exprimer ses habitudes, ainsi une convention en remplace une autre. Continuer la lecture

Sur l’enfance

Toute école est fondée sur un esprit de caste. Elle sera autoritaire et en lutte ouverte avec les autres. Aucune ne prépare au service d’humanité et à l’amour de l’homme.

Ne frappez pas, n’injuriez pas vos enfants !

Ces mots devraient être inscrits dans toutes les maisons, dans toutes les écoles. C’est dans la famille que se cultive la violence et que le prolétaire se prépare à l’esclavage. C’est cette misérable hérédité d’un droit paternel sans contrôle qui nous prépare à l’obéissance absurde et à « la résignation des coups. » – à l’Ecole, à l’Usine, à la Caserne, et finalement à la boucherie en masse des champs de bataille. …

Depuis des siècles les hommes se rendent les coups qu’ils ont reçus, enfants. Que l’homme individuel renonce à la violence et à la brutalité de la parole et du geste quotidiens, et il échappera aux violences collectives, qui sont les résultantes collectives des injustices individuelles.

L’Homme vit toute son existence sur son enfance. Quel malheur qu’on le sache si peu ! Que d’être écrasés au berceau.

L’enfant, l’homme ne sont pas des esprits à remplir mais à délivrer.