Artiste du 19 ème siècle entre tradition et modernité

Les témoignages

Le portrait n’est pas pour Carrière un genre à part, il est impossible de dire strictement où il commence, où il finit.

Gabriel Séailles

Carrière voudrait surprendre la vie dans ce qu’elle a de libre, de profond, de spontané. Il attend que le modèle s’oublie, cesse de se surveiller, retrouve la franchise de la solitude.

Catalogue de l’Exposition Carrière chez Bernheim (1903)

 

… des portraits d’expression de tous ceux qu’il a examinés, scrutés et qu’il révèle à eux-mêmes en ces biographies stupéfiantes écrites sur une toile.

Gustave Geffroy dans le Catalogue de l’exposition Carrière chez Bernheim  (1903)

 

Personne ne nous donnera mieux la sensation des grandes ondes magnétiques qui circulent comme un fleuve colossal et invisible autour du moindre être vivant et vont s’harmoniser dans l’infini. Toute créature pensante est comme une pierre jetée dans un lac.

Camille Mauclair

 

Déjà Corot avait dit:
La lune anoblit tout, parce qu’elle efface les détails et ne laisse plus subsister que les ensembles.
M.Carrière, qui efface aussi les détails, réalise le même annoblissement. Ses toiles en prennent également un air lunaire. Il y flotte une fumée argentine, une brume de rêve, la cendre grise envolée du sablier des Heures.

Extrait de L’Elite de Georges Rodenbach

 

Sa tête aux forts méplats rejetée en arrière ressemble à une motte d’argile où tremblent deux gouttes malicieuses et sur laquelle, comme une moustache, se serait posé un épi de blé.

Francis Jammes dans  « Feuilles dans le vent«